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Comprendre ce qu’est une médiation sur mobile

Beaucoup de musées tentent de créer une médiation sur mobile. Mais nous pouvons constater que dans de nombreux cas, cette médiation n’est en réalité pas du tout adaptée au nouveau support. Je peux particulièrement citer l’exemple que j’ai développé sur Véculture avec le Musée du Louvre et ses nouvelles 3DS.

J’ai pourtant pu constater qu’a contrario certains musées réalisaient une véritable recherche de médiation spécifique sur ce support. Une démarche d’autant plus intéressante quand elle ne coûte rien qu’un instant de réflexion supplémentaire.

En effet, confrontés à la nécessité d’augmenter leurs ressources propres et de diminuer leurs frais de fonctionnement, les musées se retrouvent mal pourvus alors que vient le temps d’investir ce nouveau support. Il leur est nécessaire de mutualiser la production des contenus de médiation. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas le faire de manière intelligente.

La spécificité d’une médiation sur mobile réside principalement dans la façon dont le contenu est porté à la connaissance du mobinaute. Certes, il faut que ce contenu soit supporté sur un écran en mobilité (pas trop lourd, pas trop long, etc.) mais pour les cartels, ce problème se pose rarement. Par contre, il est intéressant d’adapter son ton à celui du téléphone, de s’adapter au concept du SoLoMo. Ainsi, les points qu’il faut mettre en avant, la façon de s’adresser au mobinaute et le ton à utiliser doivent être différents de manière à exploiter pleinement les caractéristiques de cette médiation. Faute de quoi, on perd en efficacité.

Il y a quelques semaines, j’ai visité l’exposition “Circuler, quand nos mouvements façonnent nos villes" à la Cité de l’architecture. Là, j’ai été agréablement surpris par le dispositif proposé en NFC et QRcode.

En effet, j’ai testé la chose avec mon téléphone via le QRcode, et s’il on exclut le fonctionnement hiératique du wifi, l’expérience était particulièrement intéressante : les textes du téléphones avaient certes la même teneur scientifique que ceux présentés sur les murs, mais ils avaient un ton différent et mettaient en avant des points un peu particulier.

Par exemple, la médiation sur smartphone était l’occasion de parler de la muséographie : en étant sur son mobile, on prend en effet une position un peu extérieure qui permet cette lecture métadiscursive.

Autre exemple, on me disait de me tourner, de faire quelques pas… Bref, on m’accompagnait dans mon mouvement et on prenait acte du fait qu’avec le téléphone, j’allais bouger, ne pas rester en place.

Enfin, le dispositif donnait accès à des images et - si ma mémoire est bonne - de la vidéo. Autant d’éléments qui prennent de la place dans l’espace d’exposition.

Même si le dispositif n’était pas parfait, je crois que la Cité de l’architecture a ainsi compris tout l’intérêt que pouvait avoir la médiation sur smartphone, et j’ai hâte de voir leur prochaine réalisation.

 
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